Le bateau ivre-Philippe Belin

歌手 : Philippe Belin
专辑 : Prenez mon coeur
语种 : 法语
时长 : 06:07

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TXT Le bateau ivre-Philippe Belin 文本歌词

Le bateau ivre - Philippe Belin
Heyyyy
Comme je descendais des Fleuves impassibles
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs
Des Peaux Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs
J'étais insoucieux de tous les équipages
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais
Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver
Plus sourd que les cerveaux d'enfants
Je courus
Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu bohus
Triomphants
La tempête a béni mes éveils maritimes
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes
Dix nuits
Sans regretter l'oeil niais des falots
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava
Dispersant gouvernail
Et grappin
Et dès lors je me suis baigné dans le Poème
De la Mer infusé d'astres et lactescent
Dévorant les azurs verts où flottaison blême
Et ravie
Un noyé
Pensif parfois descend
Où teignant tout à coup les bleuités délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour
Plus fortes que l'alcool
Plus vastes que nos lyres
Fermentent
Les rousseurs amères de l'amour
Je sais les cieux crevant en éclairs
Et les trombes
Et les ressacs
Et les courants
Je sais le soir
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes
Et j'ai vu quelque fois
Ce que l'homme a cru voir
J'ai vu le soleil bas
Taché d'horreurs mystiques
Illuminant de longs figements violets
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant
Au loin leurs frissons de volets
J'ai rêvé
La nuit verte
Aux neiges éblouies
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs
La circulation des sèves inouïes
Et l'éveil jaune et bleu
Des phosphores chanteurs
J'ai suivi
Des mois pleins
Pareille aux vacheries
Hystériques
La houle à l'assaut des récifs
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs
J'ai heurté savez vous
D'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères
À peaux d'hommes Des arcs en
Sous l'horizon des mers
À de glauques troupeaux
J'ai vu fermenter les marais
Énormes nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan
Des écroulements d'eau au milieu des bonaces
Et les lointains vers les gouffres cataractant
Glaciers
Soleils d'argent
Flots nacreux cieux de braises
Échouages hideux
Au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises choient
Des arbres tordus
Avec de noirs parfums
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu
Ces poissons d'or
Ces poissons chantants
Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants
Parfois martyr
Lassé des pôles et des zones
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais ainsi qu'une femme à genoux
Presque île
Balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds
Et je voguais
Lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons
Or moi
Bateau perdu sous les cheveux des anses
Jeté par l'ouragan
Dans l'éther sans oiseau
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau
Libre
Fumant monté de brumes violettes
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte
Confiture exquise aux bons poètes
Des lichens de soleil
Et des morves d'azur
Qui courais
Taché de lunules électriques
Planche folle escorté des hippocampes noirs
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs
Moi qui tremblais sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais
Fileur éternel des immobilités bleues
Je regrette l'Europe aux anciens parapets
J'ai vu des archipels sidéraux
Et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur
Est ce en ces nuits
Sans fond que tu dors et t'exiles
Million d'oiseaux d'or ô future Vigueur
Mais vrai
J'ai trop pleuré
Les Aubes sont navrantes
Toute lune est atroce et tout soleil amer
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes
Ô que ma quille éclate
Ô que j'aille à la mer
Si je désire une eau d'Europe
C'est la flache
Noire et froide
Où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai
Je ne puis
Baigné de vos langueurs ô lames
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons
Ni traverser
L'orgueil des drapeaux et des flammes
Ni nager sous les
Yeux horribles des pontons